jeudi 31 mai 2007
intervention de Françoise Colmez lors de la réunion publique de Bourg-la-Reine
Par Michèle Canet, jeudi 31 mai 2007 à 16:00 - Législatives 2007
Pour le bon fonctionnement de notre démocratie, il est nécessaire que le scrutin des 10 et 17 juin envoie à l'Assemblée nationale le plus grand nombre possible de députés socialistes.
Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, à l'exception de l'Assemblée nationale, la droite détient tous les leviers de l'État : la Présidence de la République, le Sénat, les organismes chargés de veiller au respect de la constitution et du pluralisme démocratique, je veux parler du Conseil Constitutionnel et du Conseil supérieur de l'Audiovisuel. La droite bénéficie en outre du soutien des groupes financiers : or ceux-ci ont en leur pouvoir une grande partie des médias et, grâce à eux, leur mise au pas ne va pas se faire attendre.
On peut aujourd'hui déjà être légitimement inquiet quand on sait que TF1, la chaîne qui attire le plus grand nombre de téléspectateurs, vient d'embaucher à un poste-clé l'ex-directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy.
On peut être inquiet quand on sait que Alain Minc, présent dans un nombre impressionnant de conseils d'administrations de grandes entreprises et de groupes financiers est Président du comité de surveillance du Monde.
D'ailleurs, à l'échelle locale, on constate déjà que l'équilibre de l'information est systématiquement bafoué depuis le début de la campagne :
Par exemple, le dimanche 20 mai, nous avons vu débouler vers 10H sur le marché d'Antony une équipe de France 2 aux basques de Patrick Devedjian qui venait faire son marché : il s'agissait d'un vrai scoop ! Aux candidates du PS et du MODEM qui leur faisaient remarquer qu'il y avait plusieurs candidats à Antony autres que P. Devedjian, les journalistes ont promis qu'ils repasseraient les voir. Ce qui fut fait vers 12H15. Et nous attendions tous avec impatience le journal de 20H où devait passer le reportage d'Antony. Las ! ni Michèle Canet, ni Chantal Brault n'existaient plus : il n'y en avait plus que pour P. Devedjian !… Et France 2 est une chaîne publique !
Autre exemple, le Parisien : en une semaine, ce journal a consacré trois fois la Une du supplément Hauts-de-Seine à Patrick Devedjian et à son élection programmée comme Président du conseil général, sans compter la demi page du jour de son élection.
Dans ces conditions, P. Devedjian peut évidemment se contenter de répéter inlassablement sur tous ses tracts le même argument : Il faut donner une majorité au Président. Mais c'est tout de même un peu court comme argumentaire !
On peut en outre se demander comment Monsieur Devedjian pourra exercer pleinement son mandat de député, alors qu'il s'apprête à cumuler la Présidence de l'UMP (même s'il doit renoncer au titre flatteur de Président, nul ne pouvant apparemment, succéder en cette qualité à Nicolas Sarkozy), il veut donc cumuler la Présidence de l'UMP, la Présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine (un des département les plus importants de France et le plus riche) et, en plus, la députation. Comment remplir convenablement ces trois fonctions ?
Enfin, il a beau affirmer dans sa lettre aux électeurs qu'il "croit profondément à la nécessité de l'écoute et de la concertation ", nous savons, nous à Antony, ville dont il a été maire pendant près de vingt ans, que concertation est un mot dont il ignore le sens et qu'il exerce le pouvoir de façon solitaire et autocratique. Quant à son "écoute", tous ses administrés n'en bénéficient pas au même degré : a-t-il vraiment écouté par exemple les étudiants de la résidence Universitaire qu'il cherche à détruire depuis 25 ans avec acharnement. Cette destruction figure maintenant officiellement dans les plans qui accompagnent le PLU — à défaut de figurer dans le texte : évidemment il faut tenter d'abuser les Antoniens jusqu'au bout !
En face de cet homme au service de sa seule ambition, qui soutient un Président qui veut donner plus de travail à ceux qui en ont déjà , qui veut avant tout rendre propriétaires ceux qui sont déjà logés et non loger ceux qui n'ont pas de toit, alourdir le coût de la santé pour tous, y compris les plus démunis, Michèle Canet incarne une autre conception de la politique : c'est une élue de terrain, véritablement à l'écoute de tous ceux que la vie malmène, de tous ceux qui n'ont pas de logement décent, de tous ceux qui n'ont pas de travail et qui voudraient, enfin, sortir de la spirale du désespoir.
Je partage avec Michèle la même approche de la politique et j'ai donc accepté, comme en 2005, d'être sa suppléante. Les 10 et 17 juin, ne vous laissez pas abuser par l'habileté de la campagne de communication lancée par le Président : aidez-nous à battre le candidat de l'UMP en votant et en faisant voter pour nous !