Déclaration de Michèle Canet à la réunion avec Harlem Désir
Par Michèle Canet, vendredi 15 juin 2007 à 23:38 - Législatives 2007 - #195 - rss - Envoyer a un ami
Je voudrais d’abord vous dire que nous voulons être constructifs, il ne s’agit pas simplement de dénoncer. Nous vous l’avons montrer en publiant ce fascicule qui réunit toutes les propositions que nous faisons pour l’avenir de notre pays. J’ai décidé de ne pas y revenir ce soir, sauf pendant le débat tout à l’heure si vous le voulez. Si nous sommes dans l’opposition, ce ne sera pas pour dire non à tout. Etre dans une opposition constructive c’est le sens de l’action du groupe socialiste que je préside au conseil général ; ce sera le sens de l’action des députés socialistes élus dimanche soir. C’est ce qu’a voulu dire Ségolène Royal, je cite « Il faut une opposition constructive, lucide et déterminée ; pour chaque proposition de la droite, il appartiendra à la gauche moderne d’opposer à chaque fois un contre projet pour que les français comprennent qu’il y a des alternatives aux projets de Nicolas Sarkozy. Ce qu’attendent les français, c’est une alternative crédible ».
Sur le modèle de Ségolène Royal, vous pouvez être certains que, élue, j’agirai pour les valeurs que nous avons défendues au cours de ces longs mois de campagne.
A entendre les ténors de la droite tout a été plié le 6 mai : la gauche n’a plus rien à dire ! D’ailleurs pour eux avons-nous toujours le droit d’exister ? Je n’en suis pas sûre ! Ils ont un seul mot d’ordre : donner une majorité forte à Nicolas Sarkozy ! Savez vous que si la majorité est si forte que cela, la droite peut avoir la majorité des 2/3 au congrès (assemblée nationale + sénat) et peut ainsi changer tranquillement la constitution avec tous les dangers et les dérives que l’on imagine vue la soif de pouvoirs du président de la république. Oui, je vous le dis, la démocratie est réellement en danger !
Je voudrais revenir rapidement sur ces dangers pour la vie quotidienne de chacun de nos concitoyens :
- la franchise médicale d’abord et les déremboursements des médicaments qui instaureront, de fait, une médecine à 2 vitesses et éloigneront de la prévention santé les moins favorisés d’entre nous.
- les dégâts que fera dans la fonction publique le non remplacement d’un départ à la retraite sur 2 : combien de postes ainsi perdus dans l’éducation entre autres ?
- la politique fiscale en faveur des plus riches avec notamment le bouclier fiscal.
- le fameux « travailler plus pour gagner plus » qui ne sera possible que lorsque les patrons auront des heures supplémentaires à donner ; et ce sera au seul bénéfice de ce dernier puisque pour lui ce seront des heures détaxées mais qu’elles ne pourront être prises en compte pour la retraite et les congés maladie ; et, bien sûr, elles ne favoriseront pas l’emploi puisque les patrons préfèreront les utiliser plutôt que créer de nouveaux emplois !
- la seule accession à la propriété favorisée : la mesure promise sur les intérêts d’emprunt n’aurait eu un sens que si parallèlement les locataires avaient pu aussi déduire une partie de leur loyers des impôts, ou, pour ceux qui ne payent pas d’impôts avoir un crédit d’impôt et donc obtenir un remboursement. Là , cela aurait été une subvention au logement ; la proposition de la droite, c’est une subvention aux propriétaires seulement !
- la TVA sociale, leur dernière idée, que M. Borloo a lancée un peu trop tôt mais que avons déjà dénoncer avant le 1er tour, percevant ce qui allait venir. Oh ! la droite est bien embarrassée : j’entendais le secrétaire général de l’UMP ,qui n’est autre que l’autre candidat de notre circonscription, en débattre avec François Hollande : il était incapable de répondre aux questions et objections posées par notre 1er secrétaire car il ne pouvait évidemment dire que la TVA diminuerait mais il ne voulait pas dire qu’elle augmenterait. Quelle sincérité vis-à -vis des électeurs ! On le sait, la TVA est l’impôt le plus injuste qui frappe durement les catégories moyennes et populaires. Or ce projet de TVA sociale entraînerait l’augmentation du prix de nombreux produits de la vie courante, elle amputerait le pouvoir d’achat des ménages, elle n’aurait aucun effet sur la croissance, ne créerait pratiquement pas d’emplois, ne permettrait pas d’augmenter les salaires et aboutirait essentiellement à un gonflement des marges des entreprises ! Nicolas Sarkozy peut avoir l’air de reculer à 2 jours du scrutin, la réalité n’en est pas moins là !
- et puis, comment ne pas finir sur la création du ministère de l’identité nationale et de l’immigration, tellement contraire à toutes nos valeurs ; demain, plus que jamais, nous aurons le devoir d’être auprès de RESF pour être vigilant à tous les dangers et débordements qu’il y aura : nous les voyons déjà augmenter avec les premières déclarations de Brice Orthefeux . C’est aussi cela la gauche qui agit et la gauche qui protège !
Depuis des semaines et des semaines, avec les militants sur le terrain, en porte à porte, nous alertons et défendons les propositions que nous, nous avons. Mais face à nous il y les médias qui, pour beaucoup, ont rendu la campagne si difficile pour la gauche. Bien sûr il ne s’agit pas d’incriminer l’ensemble des journalistes, mais nombre de patrons de presse, écrite comme audio-visuelle, qui ont choisi de servir Nicolas Sarkozy. Face à nous il y a aussi la naïveté de certains qui espèrent dans les baisses d’impôts, qui espèrent dans le « travailler plus » parce que ils n’ont pas été au-delà du message des médias ou du message tronqué et rassurant du chef de l’état ou des on, premier ministre.
Alors, c’est peu 48H, mais utilisez les pour aller dire partout pourquoi il ne faut pas voter Patrick Devedjian.
Françoise vous a parlé de notre adversaire. Aujourd’hui il est déjà chef de l’UMP, président du conseil général et veut être aussi député. C’est un cas de figure que nous connaissons bien au conseil général des Hauts-de-Seine après 3 ans de présidence Sarkozy ! Un président qui ne peut tout faire et qui sacrifie le département. Avant le 6 mai, pendant 6 mois le conseil général à tourner au ralenti car le président était absent. Aujourd’hui que de retards à rattraper dans des domaines essentiels tels que le RMI, le logement ou le handicap. Nous ne voulons plus d’élus qui n’agissent que pour leurs ambitions personnelles au détriment de leurs concitoyens. C’est encore ce qui nous attend si M. Devedjian était élu dimanche.
Quant à la 13ème circonscription, notre principal intérêt ce soir, on voit bien l’importance qu’elle a pour notre adversaire : où fait-il campagne ? À la porte de Versailles au côté de M. Fillon et non pas là où les électeurs qui seront amenés à choisir entre lui et moi dimanche l’attendent !
Je cite M. Devedjian, hier soir : « notre pays a besoin d'une démocratie apaisée, transparente, équilibrée, où chacun doit pouvoir trouver sa place et son espace d’expression ». Bien, pourrait-on dire, mais moi je dis « attention danger » car ce ne sont que des mots et parallèlement il dit, je cite : « comment se fait-il que les Hauts-de-Seine aient si bien évolué, et la Seine-Saint-denis si mal ? C’est parce que l’un était géré par la droite et l’autre par le Parti Communiste. Les communistes ont ancré les gens dans la misère, parce que c’était aussi pour eux un moyen d’asseoir leur pouvoir politique ». Parallèlement, il fait le ménage au conseil général, en retirant les postes de vice-président aux ex-UDF qui n’ont pas rejoint le nouveau centre ;
Voilà le vrai visage de notre adversaire : marteler son mépris pour la gauche, écraser l’adversaire de sa morgue, lui opposer en permanence une image ringarde, en faire un incompétent et un hypocrite ! C’est sa manière de faire de la politique. C’est ce dont je ne veux pas. C’est ce avec quoi Ségolène Royal a voulu rompre en proposant une République du respect, une République au plus proche des gens, une République où chacun est acteur de la société à construire.
Nous ne voulons pas d’un parti unique qui serait un amalgame sans valeurs fortes. Il faut que ceux qui se sont prononcés pour des candidats de gauche ou écologistes dimanche dernier, se mobilisent. Il faut que vous, qui êtes ici, alliez convaincre les abstentionnistes qui, le 6 mai, avait massivement voté pour Ségolène, de l’importance de l’enjeu. A Châtenay, le 6 mai la candidate socialiste fait de 53%, au Grand ensemble à Antony, aux Bas Coquarts à Bourg la Reine, aux Blagis à Sceaux, Ségolène dépasse les 60%. Sans doute ces hommes et ces femmes qui s’étaient mobilisés sont déçus et pensent qu’on ne peut plus rien faire. Pourtant, c’est de la puissance du vote de gauche que naîtra demain la force de lutter contre le projet de la droite ! C’est parce que la gauche sera forte, même dans l’opposition, que le gouvernement Sarkozy – Fillon ne pourra pas tout faire. Enfin, je lance un appel à tous les démocrates, à tous ceux qui, sans partager toutes nos idées, veulent que dans ce pays on puisse continuer à débattre et qui partagent nos valeurs d’humanisme, notre modèle de société : il faut qu’eux aussi se mobilisent. Sanctionner Patrick Devedjian, dans notre circonscription, c’est aussi dire que la politique ne permet pas tout, qu’il y faut de la morale et de l’éthique. Les habitants de Bourg la Reine hier, ceux de Sceaux aujourd’hui le savent.
Alors, oui, si tous se mobilisent, je vous le dis, il peut y avoir dimanche une heureuse surprise ! Et si la victoire n’est pas au rendez vous, il faut montrer ici, face au leader de l’UMP, la puissance de la résistance d’où naîtront demain de nouveaux succès.
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Commentaires
1. Le vendredi 1 février 2008 à 14:14, par Sae
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