A peine avons nous achevé la campagne de l’élection présidentielle que nous voilà à quelques jours du premier tour de l’élection législative. Reconnaissons le, le résultat du 6 mai a été une déception, pour nous-mêmes sans doute mais surtout pour les millions de Français qui attendaient les réformes pour une France plus juste, plus fraternelle, plus forte que Ségolène proposait. Le temps d’analyser les raisons de ce résultat viendra ; aujourd’hui, nous devons être tous mobilisés pour que les 10 et 17 juin il y ait le plus de députés de gauche possible à l’Assemblée Nationale, et bien sûr le plus de députés socialistes.

Quel sera le résultat de ces élections ? Je ne le sais. Mais quand on va à la bataille électorale, ce doit toujours être parce que l’on croit en ses idées et que l’on veut convaincre le plus grand nombre de leur pertinence. Dans 200 circonscriptions Ségolène est arrivée en tête, d’autres peuvent être acquises et conservées… et la majorité est à 289 ! Mais, bien sûr, nous le savons le mode de scrutin ne nous est pas favorable et tout cela n’est pas mathématique ! Evitons la langue de bois, nous savons que cela sera très dur, mais ce que j’ai voulu vous montrer c’est que, comme le rappelait hier soir Laurent Fabius au Zénith, ne nous laissons pas gagner par le défaitisme ; c’est ce défaitisme qui est aujourd’hui l’arme la plus efficace de l’UMP.

L’élection présidentielle est importante dans nos institutions, mais notre système reste parlementaire : c’est de la majorité de l’Assemblée Nationale que découle la majorité gouvernementale. Eh bien, Sarkozy veut l’ouverture à gauche, allons jusqu’au bout de la logique, envoyons-lui un gouvernement de gauche !!!

En fait, notre seul objectif doit être qu’il y ait le maximum de députés de gauche, et donc de députés socialistes pour qu’en tout état de cause, si nous ne l’emportions pas, notre opposition puisse être la plus forte possible pour enrayer les mauvais coups que la droite prépare.

Quand on voit le style, et au-delà ce qu’il révèle, du nouveau chef de l’Etat, nous devons en effet être inquiet.

D’abord à cause de son projet politique inspiré du néo-conservatisme de Georges Bush. Il nous faut dénoncer l’imposture qui consiste à dire que l’on va baisser les impôts et conserver des services publics de qualité, l’imposture qui consiste à vouloir supprimer la carte scolaire pour défendre la mixité sociale alors que l’on va aggraver la ghettoïsation, l’imposture du « travailler plus pour gagner plus » alors qu’il y a plus de 2 millions de chômeurs pour qui la question, ce n’est pas d’avoir des heures supplémentaires mais du travail, alors que l’on sait que ce n’est pas l’employé qui fixe son horaire mais le patron. Sur ce sujet, il y a même pire : les heures supplémentaires défiscalisées et sans charges vont aggraver la situation de l’emploi : pourquoi embaucherait-on quand on peut faire faire le travail à un moindre coût ?

Il nous faut aussi dénoncer la méthode.

Celle de l’ouverture qui n’est autre que du débauchage, et là encore il y a de l’imposture : le problème n’est pas que Bernard Kouchner soit aux Affaires Etrangères, après tout c’est un secteur où il peut y avoir du « consensus », le problème ce sont les différences d’approche entre le Président et son Ministre sur de nombreux sujets, comme l’entrée de la Turquie dans l’Europe, le problème c’est que Bernard Kouchner fut, en partie, favorable à l’intervention militaire en Irak. En fait, la méthode de l’ouverture, nous la connaissons bien au Conseil Général : Nicolas Sarkozy a fait le 1er avril 2004 le même discours que lors de son élection à l’Elysée : la main tendue à la gauche. Cela a duré 8 jours, et après les vieux démons ont repris le dessus.

La méthode, c’est aussi cette « vraie/fausse » concertation annoncée puis démentie qui donne sur de nombreux sujets l’impression d’un joyeux cafouillage : sur le service minimum (qui d’ailleurs, dans les transports, existe déjà en grande partie), sur la déduction fiscale pour l’acquisition d’un logement (dont les critères changent tous les jours sans que les médias s’en émeuvent beaucoup, alors qu’ils étaient si « intransigeants » sur les propositions de Ségolène Royal), sur cette fameuse « Franchise » qui n’est rien d’autre qu’une taxe qui ne dit pas son nom. Cette taxe va dégrader l’état sanitaire de notre pays en interdisant aux plus modestes, mais aussi aux classes moyennes, l’accès à certains soins sans pour autant résoudre en quoique que ce soit le déficit de la sécurité sociale dont on découvre aujourd’hui qu’il « dérape » (en a t-on parlé pendant la campagne présidentielle ?) ,comme on apprendra dans quelques mois que les chiffres du chômage ne sont pas ceux annoncés il y a quelques semaines !

La méthode rejoint le fond quand le Président de la République révise tout seul la constitution en instaurant un « régime présidentiel », changeant par-là l’esprit même des institutions mais oubliant que, dans ce cas, comme aux USA, il faut absolument des contre pouvoirs. La méthode rejoint le font quand il y a collusion entre les pouvoirs financiers et le pouvoir politique, entre le pouvoir médiatique et le pouvoir politique. Pour la seconde fois en 15 jours des journalistes dénoncent les pressions du pouvoir politique, hier au JDD, aujourd’hui à Paris Match.

C’est pour lutter contre toutes ces dérives qui sont des menaces pour la démocratie, pour lutter contre ces mesures qui pénaliseront les plus modestes, ceux qui souffrent, sont exclus mais plus largement la majorité de nos concitoyens que nous avons le devoir de nous battre.

Nous le savons, notre principal adversaire, ce sera le désenchantement, l’abstention de ceux qui se disent : « Ã  quoi bon, cela ne changera rien ». Il nous faut dans les jours qui viennent leur dire de revenir voter car l’avenir dépend de leur participation, notamment les jeunes massivement mobilisés le 6 mai. Sinon la majorité UMP se sentira confortée dans sa volonté d’imposer sa seule loi.

Alors, cela passe aussi par le combat dans notre circonscription.

Rappelez-vous, septembre/octobre 2005. Dans le contexte finalement difficile des partielles où la mobilisation est toujours faible, nous avons (je dis nous car ce n’est ni moi, ni Françoise seules, c’est votre mobilisation) obtenu un beau résultat en progressant de 4 points par rapport à 2002. Ici même, à Bourg-la-Reine, nous étions majoritaires. Résultat de circonstance ? Peut-être, mais rappelez-vous la manipulation de M. Devedjian publiant un résultat de Bourg-la-Reine inexact parce qu’il ne pouvait pas annoncer ce qui était son échec dans cette ville. Ce sont des méthodes qui ne sont plus acceptables.

C’est parce qu’en ce mois de septembre nous avons semé quelque chose que j’ai voulu être à nouveau votre candidate, avec Françoise. Par ce choix, j’avais voulu montrer ma volonté d’ouvrir le Parti Socialiste ; j’ai retrouvé cette volonté dans la campagne de Ségolène Royal. Depuis, 1998, j’ai toujours affirmé cette volonté, que je partage avec Françoise, de « politique autrement », de démocratie participative, de politique citoyenne ; ce sont ces valeurs qui ont porté la candidature de Ségolène Royal. Nous sommes à mille lieues de la volonté de pouvoir, d’ambition personnelle du candidat sortant.

Depuis 1988 qu’il est député, Patrick Devedjian cherche d’abord à assurer sa carrière, sa promotion, mais que fait-il pour sa circonscription ? Pour les habitants de nos 4 villes ? D’ailleurs, il ne s’en était pas caché en 2005 : il ne voulait être député que pour organiser les députés « sarkozystes » à l’Assemblée Nationale. Homme de plateaux de TV, on le voit peu dans notre circonscription, sauf le temps venu des campagnes électorales.

Patrick Devedjian, ce sont les mêmes méthodes, les mêmes comportements que ceux de Nicolas Sarkozy.

Responsable politique national de la droite, il cumule tour à tour ou alternativement selon son intérêt tous les pouvoirs, toutes les fonctions : maire, député, président de la communauté d’agglomération, ministre… Ici, les réginaburgiens savent bien de quoi il s’agit : nous savons maintenant pourquoi il a pris au Maire de Bourg-la-Reine son fauteuil de vice-président du Conseil général : il fallait qu’il soit Conseiller général pour « hériter » le moment venu du poste de Président du Conseil Général que lui réservait Sarkozy. Mais il voulait aussi être à nouveau ministre ! Il ne l’est pas, le Président de la République ayant, selon sa propre expression, privilégié les « compétences à la fidélité ». Dur constat pour celui qui n’a pas laissé de grands souvenirs à l’éphémère ministère des libertés locales, ni au ministère de l’industrie. Déception pourtant vite comblée par la fonction de secrétaire général de l’UMP.

C’est cette conception de la politique que je dénonce depuis des années. Je n’ai, quant à moi, aucun plan de carrière, l’action politique est d’abord un service au service de mes concitoyens. Ainsi, je le dis clairement, élue députée je ne solliciterai pas le renouvellement de mon mandat de Conseillère générale et je me consacrerai uniquement à cette fonction.

Pas plus qu’au plan national, je ne pratiquerai la langue de bois : le combat est difficile, nous le savons tous. Mais je ne suis pas là pour témoigner. En 2002, la gauche au 2d tour faisait 42%, en septembre 2005, 46%, au soir du 6 mai, Ségolène Royal obtient 47.5%. C’est cette courbe que je veux prolonger, alors même qu’à Châtenay-Malabry, pour la première fois depuis 1989, la gauche est nettement majoritaire avec près de 53% et que dans les autres communes les résultats sont partout en nets progrès. Je le dis parce que je le crois : gagner, c’est possible si nous savons mobiliser d’abord toutes celles et ceux qui sont venus voter le 6 mai. Gagner c’est possible si nous savons aller au-delà encore : je m’adresse à tous ceux qui ne veulent plus de cette démocratie bafouée par un Parti unique, par ces méthodes qui musèlent l’opposition, par cette domination des médias. Je m’adresse à tous ceux qui veulent travailler pour l’intérêt général, pour un modèle de protection social fondé sur un principe de « donnant-donnant », où les droits doivent toujours s’accompagner de devoirs, loin de tout assistanat, pour que l’éducation soit au cÅ“ur de notre projet, pour que le salarié au chômage retrouve sa dignité, pour que le logement soit enfin un vrai droit. C’est pour le rassemblement de toutes ces bonnes volontés que je suis candidate contre un projet de société qui privilégie l’argent à la personne humaine.

Ce sont ces valeurs, ces projets que nous avons résumés dans ce petit document, que je vous invite à partager et à porter pour qu’enfin, ici, dans la 13e circonscription, un terme soit mis à la domination sans partage de l’UMP.

Alors je vous le demande, si vous vous mobilisez, si nous nous mobilisons, nous pouvons montrer que la gauche est une grande force dans notre circonscription. Hier soir, j’avais la chance d’intervenir au Zénith. J’ai dit qu’il n’y avait pas de fatalité, que le département des Hauts-de-Seine n’avait pas pour unique vocation d’être un département de droite. Et bien ce soir je vous dis : il n’y a pas de fatalité, battons-nous pour que la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine ne soit plus celle de Patrick Devedjian.