La première motivation de la création de l'Europe fut la paix. Et, même si nous n'avons plus beaucoup de craintes en ce domaine aujourd'hui, c'est encore une motivation majeure, y compris pour Ségolène Royal. Ce furent d'abord J. Monnet et R. Schumann qui ont oeuvré pour que tout démarre, d'abord par un rapprochement économique basé sur le charbon et l'acier; ainsi est née la CECA, Communauté du Charbon et de l'Acier. Son succès a conduit au Traité de Rome, cela fera 50 ans demain. Je veux remercier la section d'Antony, et particulièrement L. Michon, d'avoir pris l'initiative de la rencontre d'aujourd'hui. Dans un premier temps, 6 pays (quelle évolution depuis, nous sommes 27!) se regroupent dans la C.E.E. Ce n'était pas qu'une zone de libre d'échange: en devenir pointait l'idée de construction politique de l'Europe. Cela a permis de remplir le premier objectif: la Paix. Cela a permis de construire une entité politique qui pouvait peser face aux U.S.A.. Ensuite est venu J. Delors qui, avec F. François Mitterrand, a donné sa dimension politique et sociale à la construction européenne. Nous le savons, le référendum du 29 mai 2005 a donné un coup de frein à la construction européenne. Soyons honnêtes, les socialistes étaient unis sur le fond: dénoncer le fait que le Traité n'allait pas assez loin, affirmer haut et fort notre volonté d'Europe sociale. N'était-ce pas notre slogan à tous lors des élections européennes de 2004? Nous nous sommes divisés sur la manière de mener la lutte pour faire progresser cette Europe sociale. Les regrets ne servent à rien, aujourd'hui il faut avancer. C'est ce que propose Ségolène Royal dans son Pacte présidentiel en ayant eu l'intelligence et la volonté de dépasser les clivages. Je veux que la France revienne à la table de l'Europe et je ferai tout pour cela. L'Europe doit rester la grande ambition et la grande réalisation du21° siècle. Je sais que vous le voulez comme moi , mais je sais aussi que vous ne voulez pas n'importe quelle Europe, vous l'avez dit La relance de la construction européenne, au plan politique et social, est une nécessité. Elle suppose aussi des progrès en terme de défense et dans le domaine économique. L'Europe, enfin, est un outil majeur face à la mondialisation, un enjeu décisif pour ne pas subir; c'est un facteur de stabilité et de paix sur le continent. Ségolène Royal affirme le besoin d'une Europe plus protectrice, en lien avec les politiques communes: en matière de recherche et d'innovation; dans le domaine énergétique; dans le domaine de l'environnement; pour les services publics. Sur ces 2 derniers exemples, elle propose, en particulier, une politique volontariste en matière de transport ferroviaire où seule l'échelle européenne est pertinente. Elle affirme l'exigence que l'emploi, la croissance, l'investissement soient au coeur des objectifs de la banque centrale européenne et fixe comme un impératif l'élaboration d'un protocole social

Ce ne sont là que quelques exemples qui seront sans doute développés dans le débat que vous allez avoir, mais ils sont essentiels. J'ajouterai que l'Europe a aussi des conséquences directes localement: ainsi notre département a pu recevoir des fonds structurels qui ont joué un rôle essentiel pour la sauvegarde de l'industrie aéronautique dans les Hauts-de-Seine. Je veux aussi insister sur la cohérence du Pacte présidentiel qui n'est pas le catalogue que certains dénoncent. Ce que Ségolène Royal veut pour l'Europe s'inscrit dans une logique: ce qu'elle veut pour l'Europe s'inscrit dans ce qu'elle veut pour le Monde:

  • Faire de l'Europe une puissance politique et lancer avec nos partenaires une initiative pour une conférence de paix et de sécurité au Moyen Orient
  • Organiser le partenariat Europe/Afrique

Il ya a un ensemble qui ne trahit pas l'acton des précurseurs. Le Traité de Rome était une première pierre d'un édifice que chacun savait long et difficile à construire. Elue, Ségolène y apportera des pierres supplémentaires.